Par petites touches

Monsieur, ce soir, je t’ai dans la tête. Par petites touches. Ca commence par quelques notes éffleurées sur un piano. Quand on se cherche un peu et qu’à un moment, la musique sert de boussole. Ca continue dans des couloirs de bus, à un mètre au-dessus des rues de Paris, avec le vent qui s’engouffre sous le casque et les paroles qui résonnent. Ca se passe dans une salle de velours rouges et de peinture noire, quand le rideau tombe et que les larmes montent. Parce que la nuit dernière a vu en quelques heures toutes les lumières s’allumer avant que chaque bougie ne soit soufflée, une à une, jusqu’à replonger dans l’obscurité. Ca se fait écouter, avec accent, sur les répondeurs. Ca se raconte en terrasse avec plus de souvenirs que si j’avais mille ans. Ca se glisse dans un sac, ça se sort dans le métro, ça se dévore. Ca a le bruit des gens autour. Demain est déjà trop là. Et un, et deux, et trois……